Un voyage coloré durant le festival

 

Samedi, à 14h, le documentaire Soundtrack to a Coup d’État a été projeté au cinéma Charles Boyer. Trois des web-journalistes ont pu aller le voir.

Soundtrack to a coup d’État de Johan GRIMONPREZ est un documentaire franco-belgo-neerlandais de 2h30 sorti en 2024. Nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur documentaire, c’est un long métrage qui traite de manière tout à fait artistique le coup d’État programmé par la CIA au Congo (RDC).

Un film qui fait voyager 

Durant le visionnage de ce documentaire, on voyage forcément :

Premièrement, le jazz, omniprésent dans ce film, a un effet aussi reposant que inquiétant et aussi nouveau que connu. Des morceaux comme Black and Blue de Louis Armstrong, Indépendance Cha Cha de Grand Kallé ou encore Freedom day de Max Roach et Abbey Lincoln se sont notamment démarqués. Des notes de Lonely woman d’Ornette Coleman et de Table ronde de Joseph Kabasele sont aussi restées gravées dans les esprits après la projection.

Samedi, le voyage dans le temps était également au rendez-vous. Malgré que Soundtrack to a Coup d’État soit un film du 21e siècle, il nous transporte directement dans les années 60, au coeur de la guerre froide, avec une très forte majorité d’images en noir et blanc.

Le Congo était la grande destination du voyage que Johan GRIMONPREZ a initié. Étant un pays fraîchement indépendant et extrêmement riche en uranium, il n’est pas à l’abri de la convoitise occidentale. Dans ce film on peut voir la joie des congolais le 30 juin 1960, jour de l’indépendance, mais aussi la souffrance et la révolte due à l’assasinat du premier ministre Patrice Lumumba par la CIA moins d’un an après. Des artistes de jazz afro-américains étaient envoyés en Afrique pour faire diversion, c’est sur ce point que le long métrage se concentre.

Même si les images sont en noir et blanc, Soundtrack to a Coup d’État est un documentaire haut en couleurs; au sens littéral autant qu’au sens figuré 😉

La réalisation du film fait en sorte qu’on comprenne le plus de chose possible (malgré la grande quantité d’informations à assimiler) en nous présentant les acteurs importants de cet épisode de la guerre froide comme le premier ministre du Congo, Patrice Lumumba, l’artiste Louis Armstrong ou Nikita Khrouchtchev, le président de l’URSS à cette période; et en nous citant des phrases importantes tout au long du métrage. Ces précisions sont écrites, souvent colorées.

On peut également dire que c’est un documentaire haut en couleur grâce aux nombreux rebondissements. On peut passé d’une scène en noir et blanc très sérieuse et calme durant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU à une publicité de Tesla ou d’Iphone qui nous fait sursauter tellement la musique et forte et les images claires et contemporaine à notre époque. On peut dire que les choix artistiques de ce documentaire sont audacieux et réfléchis pour toujours retenir l’attention du spectateurs malgré sa longue durée.

Le jazz, présent du début à la fin, a une influence sur les émotions du spectateurs selon les attributs de la musique (lente, rapide, forte…).

De plus, certains moments ont fait rire les spectateurs, notamment à la vision d’un trompettiste qui gonfle presque exagérément sa bouche d’air avant de jouer, ou les “15 secondes de silence” durant une interview retranscrite dans le documentaire qui ont réellement duré 15 secondes 😉 (les personnes présentes dans la salle de cinéma n’ont, elles aussi, pas fait de bruit durant ces 15 secondes).

 

Celestina KAMAY

 

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