Ce soir là au Château de Béduer, ce trio de jazz fait vibrer des pierres et des âmes…

Il est vrai que parfois, dans le Lot, certaines soirées semblent échapper au temps…

Ce jeudi là (14/05/26), dans le cadre du Festival Fi’Jazz devenu le rendez-vous incontournable des amoureux du jazz et des musiques vivantes depuis maintenant 5 ans (!), le groupe Simone Prattico Trio a livré un concert d’une intensité remarquable devant un public comblé. Sous les voûtes élégantes et l’atmosphère intimiste du château médiéval, les premières notes ont immédiatement installé un climat singulier : celui d’un jazz libre, moderne, profondément humain, capable d’alterner envolées rythmiques et éclats de virtuosité. Une véritable invitation au voyage. Un trio cosmopolite au service d’un jazz vivant

A la tête de cette formation, le batteur et compositeur italien Simone Prattico impose une présence à la fois douce et magnétique ; il développe une approche du rythme particulièrement organique, loin des démonstrations tapageuses. Chez lui, la batterie ne se contente pas d’accompagner : elle raconte, relance, colore et respire avec les autres instruments du trio. Musicien reconnu à l’internationale dès son enfance, Simone revendique une musique sans frontières nourries par les rencontres, portée par son histoire singulière, celle d’un « oriundo », un descendant d’immigrés italiens. Son exil devient source d’inspiration et donne un sens à ses compositions nombreuses. « J’aime pas trop les batteurs qui ne sont pas mélodieux » Simone Prattico

Au piano, le benjamin du groupe Daniel Gassin de nationalité australienne a su captivé l’auditoire en lui déployant un univers harmonique d’une grande richesse. Tantôt lyrique, tantôt percussif, son jeu nous laisse entendre l’héritage du jazz moderne que des influences classiques et contemporaines. Son dialogue avec les autres membres du groupe et son sens de l’improvisation transforme chaque échange en une conversation musicale spontanée et d’une fluidité déconcertante. N’ayant pas suivi le parcours traditionnel du conservatoire car engagé dans des études de droit menées en Australie, Daniel s’est trouvé une vocation pour la musique dès son plus jeune âge, tout comme Simone et Acelino. L’artiste s’est désormais installé en France depuis 13 ans et a transformé sa passion en un métier en devenant pianiste professionnel.

A la basse, le musicien Acelino de Paula apporte quant à lui une chaleur et une profondeur essentielles à l’équilibre du groupe. Sa musique généreuse participe pleinement à la narration musicale du trio, en puisant ses rythmes et ses mélodies de la culture natale brésilienne du bassiste. Des airs de samba, de bossa nova mais aussi de flamenco emplissent ainsi les voûtes du château de Béduer. Ses lignes de basse nous on personnellement suscité de véritables frissons… Et vous ?

Concernant son parcours dans la musique, Acelino a commencé à réellement prendre goût à la musique à ses 17 ans alors qu’il commence à jouer de la guitare dans un petit groupe avec ses amis. Il intègre ensuite le seul Conservatoire du Brésil en s’intéressant d’abord à la contrebasse puis ensuite à la basse électrique plus moderne et bien moins classique. Ses voyages en Espagne et aux USA lui on également permis de s’inspirer d’effluves étrangères pour fonder son style actuel singulier.

Une musique de l’instant Ce qui frappe avant tout chez Simone Prattico Trio, c’est cette manière de faire du concert une expérience vivante : imprévisible par ses improvisations récurrentes, unique par l’héritage d’une musique métissée complexe, incarnée par des artistes engagés et surtout talentueux (ne l’oublions pas!). Dans un monde souvent dominé par les formats standardisés, ce trio rappelle que le jazz demeure avant tout un art de la rencontre et du goût du risque. Un art du moment présent. Le festival Fi’Jazz confirme ainsi sa capacité à faire dialoguer patrimoine et création contemporaine. Dans le Lot, où l’on cultive autant l’art de vivre que la diversité culturelle, l’événement se proclame désormais véritable laboratoire musical à ciel ouvert. Et cette soirée au Château de Béduer en a été une démonstration éclatante.

Inès ALCARAS PRETET

 

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