« On a voulu jouer avec le son aussi bien dans le sens du texte que dans la forme que ça prenait »
ce sont les mots de la comédienne Irène Brunet accompagnée du contrebassiste François Tison. Le duo a interprété six textes qui illuminent chacun un aspect de la musique ou du son à travers une histoire. Des clubs de jazz américain des années 60, à l’expérience des sons de la nature, en passant par les mathématiques du solfège, cette performance intitulée To beat are not to beat offre une expérience immersive alliant musique et littérature.
Le choix des textes
Les artistes ont pris soin d’élaborer une trajectoire entre les lectures pour leur donner un sens et explorer différents paradigmes de la musique tout en les associant à un paysage sonore. Par exemple, l’éco-acousticien Jérôme Sueur qui étudie la nature par le biais du son, ou bien La petite philosophie de l’improvisation d’Ibrahim Maalouf comme Outsiders d’Howard S. Becker illustrent la diversité des lectures.
Le choix des textes relève de la volonté de raconter l’histoire et les débuts de la culture jazz dans les années 1960.
Une approche sociologique de la musique
La naissance du jazz, du blues, de la soul est remplie de codes sociaux hérités de la culture afro-américaine. Notre duo remet en avant ces racines populaires du jazz. Le modjo constitue l’archétype de cette culture oubliée : dans l’argot américain il s’agit d’un charisme, d’une chance déconcertante pour briller dans la musique. On ne peut pas faire l’impasse sur ce détail de l’histoire du blues qui permet d’évoquer une multitude de facettes de cette culture comme celle de l’esclavage car l’histoire se déroule dans une plantation.
Un partenariat entre Lire à Figeac et Fi’Jazz
« Lire à Figeac » est une association qui depuis 30 ans, fait la promotion de la lecture sous toutes ses formes, dans les écoles, EHPAD, espaces publics. Cette association a donné carte blanche au duo qui composait et jouait ensemble pour la première fois.
François Tison à la contrebasse a suivi une formation de musique classique et contemporaine ainsi cette lecture a été une découverte et une immersion dans l’univers jazz. Il lui fallait trouver des points communs entre texte, style, festival en ajoutant une touche personnelle.
Une performance qui relève de nombreux défis
La principale difficulté réside dans le maintien d’une balance en équilibre entre la musique et la voix sans que l’un ne l’emporte sur l’autre : « c’est un jeu de funambule » qui conduit à une expérience immersive.
La comédienne et le contrebassiste performent sur la même partition, les textes minutieusement sélectionnés sont jalonnés par des repères qui marquent le début d’un thème musical ou bien le rythme à suivre.
« Le texte fonctionne comme un cadre dans lequel il y a de l’improvisation » nous confie François Tison. Certains modules sont répétés et reviennent régulièrement : ils constituent une base cohérente avec le texte tout en laissant place à l’imagination sur le moment.
Charlotte Parsy





